Depuis quelques mois on assiste à la démocratisation d'un mouvement : la tecktonik. Souvent mal orthographié sur Internet (techtonique, tecktonique, techtonick...), les adeptes eux même ont du mal à définir l'origine du mouvement. L'histoire de ce phénomène est peu connue...
Au commencement, la Belgique...
Il y a quelques années, plus ou moins 10 ans, des soirées en Belgique offraient de la Hardtech et de la Hardtrance, et de l'Euro Dance mais en plus pêchu. A l'époque, la danse qui prédominait était le Jumpstyle qui consiste globalement à sauter tout en bougeant une jambe puis l'autre de l'avant vers l'arrière et vice versa en suivant le rythme des basses. Ces soirées avaient le même état d'esprit que les soirées Tecktonik d'aujourd'hui.
Il y a sept ans le concept est arrivé en France dans une boite en banlieue parisienne : Le Métropolis.
Grace à Tecktonik Events, l'équipe artistique du Métropolis, deux soirées ont popularisé la techno belge, le hardstyle, la Trance, et le Jumpstyle, alors méconnus des clubbers parisiens.
Une des soirées s'appelait « Black out » et au départ le résident était Mc Adrian de Radio Fg. Le style de music (électro et trance) était moins violent, et assez commercial. Depuis 5 ans une autre soirée: la Tecktonik Killer, proposait de la techno belge, du hardstyle et un warm up électro.
Alors que la première soirée présentait un groupe en live nommé Shakedown, la deuxième présentait un certain Philippe B aux platines. Parallèlement il y avait des soirées « Digital Trance » dont la programmation musicale était plus violente et qui s'apparentait davantage à ce que l'on peut qualifier aujourd'hui de Tecktonik.
Au fil des années la soirée Tecktonik Killer attira de plus en plus de monde et acquit une certaine notoriété, environ 8000 personnes se donnent rendez vous à chaque Tecktonik Killer party où sont invités les plus grands DJ internationaux. De nombreux Dj mixent dans ces soirées dont Dj RVB, Dj Dess...Depuis quelques temps des soirées Tecktonik Killer s'exportent dans certaines boites parisiennes.
Avec le succès, Tecktonik devient une véritable marque. On retrouve des compilations « Tecktonik Killer » depuis 2006. Les clubbers ont une boisson officielle : l'energy drink Tecktonik Killer. Il existe de nombreux produits dérivés : tee shirts, casquettes, sweats...
Les médias qui ont longtemps négligé ce style de musique et ces soirées commencent désormais à s'y intéresser. Sur Internet des centaines de vidéos foisonnent montrant des jeunes danseurs en boite ou lors de battles de danses organisés dans la rue, les cours d'écoles...
Le temple de la Tecktonik... Le Métropolis.
La première « génération Tecktonik » au Métropolis portait des chaussures à semelle compensée : la fameuse Buffalo. En général ils avaient des gants blancs et portaient à leur bouche des tétines. La tétine servait à l'origine à empêcher les montées provoquées par l'ecstasy... Au fil du temps cette « culture clubbing » a évoluer avec l'arrivée des phénomènes de sociétés tels que la télé réalité, ou encore la montée des réseaux sociaux tels que Myspace et les blogs (Caramail, Skyblogs...) où l'individualisme et l'apparence prime.
Les jeunes clubbers se sont donc affirmé et ont commencé à danser en dehors des clubs avec des battles de Tecktonik comme les fameuses battles du Hip Hop. Le clubber s'est stylisé à l'extrême en suivant la mode. Apres les Buffalos, les baskets montantes des boxeurs, le clubber adopte le jean slim, arbore des étoiles très en vogue dans la mode, avec une nouveauté pour cette nouvelle génération : une coupe capillaire plus ou moins futuriste...
Le mouvement Tecktonik repose avant tout sur la musique. C'est principalement de la Hardtech qui provient des pays nordistes européens. Avec la Tecktonik le son est devenu plus « commercial » et plus accessible. La danse a souvent été comparée au Jumpstyle qui existe depuis 1992 en Belgique. Pourtant les clubbers ne sont pas des « Jumpeurs » et utilisent principalement les bras en puisant dans le Vogging et le breakdance. Elle reste néanmoins originale et inédite.
Le mouvement Tecktonik étant à ses débuts, une place de leader dans la danse est à prendre pour devenir le représentant officiel du mouvement, même si quelques teams sont plus ou moins connues.
Les vidéos sur Internet montrent la plupart du temps des danseurs qui ont un niveau peu élevé, ils enchainent des phases sans réellement écouter la musique et soignent plus leur apparence que leur chorégraphie !
Malgré ce que les internautes peuvent lire sur Internet ou entendre, la Tecktonik n'a aucune idéologie, et reste apolitique. Le logo qui représente ce mouvement est effectivement un aigle qui depuis le Moyen Âge symbolise en Allemagne la puissance, le divin, le bonheur, mais aussi la force.
Le « Reichsadler » (l'aigle du Reich) est la forme stylisée de l'aigle romain et gothique. Aujourd'hui, l'aigle est utilisé dans le monde entier comme animal héraldique et n'est plus à mettre en rapport direct avec le nazisme. Tout dépend du contexte, ici, il a été choisi seulement pour des raisons purement esthétiques.
Ce n'est pas non plus une histoire de classe sociale, la Tecktonik n'a pas été inventé pour trouver un mouvement à la classe moyenne coincée entre le rock des classes aisées parisiennes et le hip hop de la couche populaire. merci a static pour larticle
